Efficacité de la gestion de l’eau et de la fertilité des sols en milieux semi arides

La gestion de la biomasse, la restauration de la fertilité des sols

La couverture végétale et la gestion des matières organiques sont les moyens les plus efficaces pour réduire les risques d’érosion et augmenter l’infiltration (Roose 1994). Mais il est important de noter que les techniques de GCES doivent être combinées à l’apport d’un complément de nutriments (en particulier d’azote et de phosphore, peu abondants dans les sols et les roches) pour que les cultures profitent pleinement de l’amélioration des conditions hydriques et rentabilisent rapidement les aménagements. Or il n’est pas facile en milieu chaud et humide d’assurer une fumure organique et des compléments minéraux, qui minéralisent très rapidement et sont mal stockés par les argiles kaolinitiques.

Les structures antiérosives conventionnelles n’augmentent pas suffisamment la productivité des terres, à moins qu’elles soient combinées à un apport d’engrais organiques et minéraux pour compenser les pertes (érosion et drainage) et les exportations de nutriments dans les récoltes. D’où l’intérêt de l’agroforesterie dont l’enracinement profond des arbres permet de recycler les nutriments entraînés en profondeur par les eaux de drainage et de les concentrer en surface dans l’horizon humifère. En milieu de sols pauvres (cas le plus fréquent en Afrique) et de forte pression démographique, la fertilité du sol doit être entretenue par une gestion intensive des résidus de culture, le fumier ou le compost, les arbres et les haies vives : toutes les ressources de MO doivent être mieux gérées. Cependant, les améliorations des rendements resteront discrètes tant qu’on n’introduira pas de fumure minérale complémentaire, en particulier de l’azote et du phosphore à la suite de courtes jachères de légumineuses arbustives.

L’analyse des aménagements complexes, faisant intervenir à la fois la gestion de l’eau, de la biomasse et de la fertilité des sols à l’échelle régionale

De nombreuses techniques de terrassement ont été testées sur de grandes surfaces en Afrique du Nord, tant pour intercepter les eaux de ruissellement et les terres érodées que pour protéger de grands barrages. L’analyse de leurs effets a montré que dans un premier temps, ces aménagements ralentissent l’envasement des barrages en fixant sur le versant aménagé une grande fraction des pluies (< 60 mm). Mais la surface du sol non protégée s’encroûte rapidement et rejette beaucoup de ruissellement entraînant la rupture des banquettes et la fragilisation de l’ensemble du versant.

La durée de vie des banquettes varierait entre 4 et dix ans et celles des petits barrages collinaires entre dix et trente ans. Quatre facteurs expliquent ces échecs : la lithologie (argiles gypseuses, marnes, schistes tendres), la forte densité animale qui parcourt la région, le bioclimat semi-aride et le système agraire. Plus de 50 % des aménagements sont détruits ou endommagés au bout de dix ans. Les aménagements les mieux entretenus sont les cordons de pierres et les murettes souvent stabilisés par des arbres fruitiers ou fourragers. En Inde et à Madagascar, les paysans ont développé des techniques culturales et des structures antiérosives qui ralentissent le ruissellement et piègent les sédiments.

De ces études il ressort qu’il faut choisir des systèmes en fonction du milieu et du choix des agriculteurs, des techniques les plus adaptées possible aux problèmes concrets de dégradation de la productivité des sols.

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